Que ce soit pour gagner en compétences, mener à bien un projet professionnel ou s'ouvrir à de nouvelles connaissances, l'intérêt pour les formations professionnelles ne se dément pas.

Face à l'afflux des demandes, les organismes proposant des financements se montrent sélectifs.

D'où l'importance à accorder à la préparation de son projet.

  • Comment construire votre dossier ?
  • Qui rencontrer dans votre entreprise ?
  • Quelles aides existent ?
  • Quels organismes solliciter ?
  • Nos conseils pour obtenir la prise en charge de votre formation.

    1. PRÉPAREZ VOTRE ARGUMENTAIRE AVEC LE CONSEIL EN ÉVOLUTION
    PROFESSIONNELLE (CEP)

    C'est une nouveauté de la réforme de la formation professionnelle de 2014. Un dispositif a été mis en place pour accompagner gratuitement les salariés dans la construction de leur projet : le Conseil en évolution professionnelle (CEP).

    Cinq organismes proposent aujourd'hui un tel service : l'APEC, les Fongecif, les Missions locales, Cap Emploi et Pôle Emploi. « Il faut éviter de préparer tout seul l'argumentaire qu'on présentera à son entreprise, conseille Alain-Frédéric Fernandez, expert en ingénierie de formation. Prendre rendez-vous auprès d'un CEP est donc
    une bonne option pour disposer de nombreuses informations. »

    Quelles sont les formations correspondant au projet du salarié ? Quel est leur apport ? Quels sont les financements possibles ?

    Le CEP guide pas à pas le salarié souhaitant se former, l'aidant dans l'identification de ses réels besoins, la construction de son dossier et même, si besoin, dans sa recherche de financement.

    2. PLANIFIEZ VOTRE DEMANDE
    L'accompagnement offert par le CEP doit également aider le salarié à réaliser un rétro-planning jusqu'à son éventuel départ en formation. Une fois ladite formation clairement identifiée, il pourra, à partir de la date des sélections de l'organisme de formation, construire un calendrier, prenant en compte quelques paramètres
    incompressibles tel le délai de réponse des demandes de financement. Au cœur de ce planning, le temps des échanges avec l'entreprise est primordial (sauf, bien sûr, si le salarié a décidé de ne pas en avertir sa société).

    Une question se pose : l'entretien annuel est-il le meilleur moment pour aborder le sujet ?

    La logique pousse les managers à répondre par la positive, ce rendez-vous avec la hiérarchie étant tout indiqué pour discuter d'une telle question. Stratégiquement, il peut toutefois être intéressant d'évoquer son désir de se former à un moment où les demandes de financement sont moins nombreuses.

    3. TROUVEZ LE BON INTERLOCUTEUR DANS VOTRE ENTREPRISE

    À qui s'adresser dans l'entreprise ?

    « Si un salarié est à un niveau n-1 par rapport au comité de direction, c'est à ce dernier qu'il devra faire la demande, par l'intermédiaire de son supérieur hiérarchique », expose Alain-Frédéric Fernandez. Dans les autres cas de figure, c'est au DRH qu'il convient de faire part de son souhait de se former, après avoir prévenu son manager direct. « Préalablement, outre les échanges avec le CEP, il peut être intéressant d'aller
    prendre conseil auprès du responsable formation lorsqu'il y en a un dans l'entreprise », poursuit-il.

    4. ANTICIPEZ LA DISCUSSION AVEC VOTRE DRH
    Le rendez-vous avec le directeur des ressources humaines doit être solidement préparé. Il faut avoir listé les arguments démontrant que la formation a un intérêt, et pour le salarié, et pour l'entreprise. Il faut bien sûr avoir vérifié si elle s'intègre ou non au plan de formation de la société. Il est également nécessaire d'avoir préparé des réponses à d'éventuelles propositions du DRH.

    Êtes-vous prêt, par exemple, à prendre à votre charge une partie du coût de la formation ?

    De même, il faut avoir en tête que « l'entreprise peut demander des contreparties, notamment l'introduction d'une clause de dédit-formation», indique Alain-Frédéric Fernandez.

    5. PENSEZ AU "CIF HORS DU TEMPS DE TRAVAIL"

    Le salarié souhaitant suivre une formation peut, outre son entreprise, se tourner vers d'autres organismes pour obtenir une prise en charge. C'est le cas du Fongecif qui pourra lui apporter un financement dans le cadre d'un CIF (congé individuel de formation) s'il estime le projet intéressant et potentiellement favorable à l'emploi local (création d'entreprise…). « Mais les salariés ayant déjà un diplôme de type Bac +4 ou Bac +5 et souhaitant
    suivre par exemple un Executive Master obtiendront rarement un tel financement », observe Alain-Frédéric Fernandez. Il peut alors être intéressant de soumettre au

    Fongecif une demande pour « réaliser un CIF hors du temps de travail, poursuit-il. Les chances de l'obtenir sont beaucoup plus grandes ».

    Le Fongecif n'aura alors à financer que la formation et non le salaire. Ces formations à temps partiel monopolisant tout de même fréquemment le salarié un jour ouvré par semaine (souvent le vendredi), « il restera alors à trouver un accord avec l'entreprise pour pouvoir s'absenter, soit avec un maintien du salaire, soit en échange de congés,
    de RTT ou de congés sans solde. »

    6. S'INTÉRESSER AU COMPTE PERSONNEL DE FORMATION

    Intégré désormais au CPA (Compte personnel d'activité), le CPF (Compte personnel de formation)peut également permettre d'obtenir le financement d'une formation. Ce mécanisme qui a succédé depuis 2015 au DIF (Droit individuel à la formation) est toutefois relativement restrictif : il ne concerne qu'un certain nombre de formations figurant sur une liste et ne sera activé que si le salarié dispose d'un nombre d'heures de formation suffisant sur son compte, acquises proportionnellement au temps de travail effectué chaque année.

    L'interlocuteur, en la matière, est l'OPCA, organisme paritaire collecteur agréé qui, dans chaque branche d'activité, collecte et gère les fonds dédiés à la formation.

    Bon à savoir : « Si la formation souhaitée ne figure pas dans la liste ci-dessus, il est tout de même possible de négocier avec l'OPCA qui, parfois, acceptera d'abonder », précise André-Frédéric Fernandez.

    7. TROUVEZ D'AUTRES SOURCES DE COFINANCEMENT
    Des dispositifs moins connus peuvent également faciliter le financement d'une formation. Autre piste : les conseils régionaux ont parfois mis en place un dispositif d'aides. Pour le savoir, « il faut consulter le site Internet de son conseil régional en s'appuyant sur le Contrat de plan régional de développement et de formation et
    d'orientation professionnelles (CPRDFOP) », indique André-Frédéric Fernandez. S'il y a un lien entre les priorités de la collectivité en terme de formation ou d'activités soutenues et le projet du salarié, ce dernier aura tout intérêt à faire une demande de prise en charge.

    Loin de se limiter à la seule prise en charge par l'entreprise, le financement de sa formation peut s'articuler sur des pistes multiples. C'est d'ailleurs en jouant sur plusieurs de ces leviers que vous mettez toutes les chances de votre côté pour obtenir une prise en charge complète.